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Comment se déroule une séance d’EMDR ?

Séance de thérapie EMDR
Séance de thérapie EMDR

« Est-ce que je vais devoir raconter tout ce que j’ai vécu ? »

« Est-ce qu’on commence les mouvements oculaires dès la première séance ? »

« Est-ce que je vais devoir revivre mon traumatisme ? »

Avant une première séance d’EMDR, il est fréquent d’avoir beaucoup de questions.

L’image la plus connue de l’EMDR est celle d’une personne suivant des yeux les doigts de son thérapeute. Pourtant, une thérapie EMDR ne se résume pas aux mouvements oculaires.

Il s’agit d’une psychothérapie structurée comportant plusieurs étapes.

Une séance d’EMDR ne commence pas forcément par les mouvements oculaires

C’est probablement l’une des premières choses à savoir.

Le protocole EMDR standard est organisé en huit phases. Ces phases ne correspondent pas nécessairement à huit séances différentes.

Certaines peuvent se dérouler au cours d’une même consultation, tandis que d’autres peuvent nécessiter davantage de temps.

Le rythme dépend notamment de l’histoire de la personne, de la problématique rencontrée et de sa capacité à rester suffisamment stable lorsqu’elle se reconnecte à une expérience difficile.

Il n’est donc pas anormal de ne pas commencer immédiatement le retraitement d’un souvenir lors du premier rendez-vous.

1. Comprendre ce qui vous amène

Avant de travailler sur un souvenir, il faut d’abord comprendre la difficulté actuelle.

Pourquoi consultez-vous aujourd’hui ?

Qu’est-ce qui vous gêne dans votre quotidien ?

Depuis quand ?

Existe-t-il des situations qui déclenchent particulièrement cette réaction ?

Certains événements de votre histoire semblent-ils associés à ce que vous ressentez aujourd’hui ?

Cette première étape permet de construire un plan thérapeutique et d’identifier les éléments sur lesquels il pourrait être pertinent de travailler.

L’objectif n’est pas nécessairement de raconter toute son histoire dans les moindres détails.

2. Préparer avant de retraiter

La préparation fait partie intégrante de l’EMDR.

Avant d'aborder certaines expériences, le thérapeute s’assure notamment que la personne comprend le fonctionnement de la méthode et dispose de ressources suffisantes pour traverser les émotions susceptibles d’apparaître.

Des outils de stabilisation ou de régulation émotionnelle peuvent être proposés.

Cette étape est particulièrement importante : en EMDR, aller vite n’est pas nécessairement l’objectif.

Il s’agit surtout de travailler au rythme adapté à la personne.

3. Identifier précisément ce sur quoi nous allons travailler

Lorsque le travail de retraitement peut commencer, le thérapeute aide à identifier une « cible ».

Il peut s’agir d’un souvenir précis, d’une situation ou parfois d’un élément particulièrement représentatif de l’expérience.

Une question peut par exemple être :

« Lorsque vous repensez à cet événement aujourd’hui, quelle image représente le moment le plus difficile ? »

Et la réponse est parfois surprenante.

Ce n’est pas toujours l’événement que l’on imaginait.

Cela peut être un regard.

Une phrase.

Une porte qui se ferme.

Un bruit.

Une expression sur un visage.

Le thérapeute explore ensuite plusieurs dimensions associées à cette image :

  • la pensée négative que la personne associe à elle-même ;

  • l’émotion ressentie ;

  • son niveau de perturbation ;

  • les sensations présentes dans le corps ;

  • et une pensée plus adaptée que la personne souhaiterait pouvoir associer à cette expérience.

4. Les stimulations bilatérales

C’est généralement la partie la plus connue de l’EMDR.

La personne porte son attention sur certains éléments de l’expérience pendant que des stimulations bilatérales alternées sont réalisées.

Les mouvements oculaires sont les plus connus : la personne peut suivre du regard les doigts du thérapeute allant alternativement de gauche à droite.

D’autres formes de stimulations bilatérales peuvent également être utilisées selon le protocole et la situation.

Les stimulations sont réalisées par séries.

Entre les séries, le thérapeute peut simplement demander :

« Qu’est-ce qui vient maintenant ? »

Une image peut apparaître.

Une pensée.

Une émotion.

Une sensation corporelle.

Un autre souvenir.

Ou parfois quelque chose qui semble n’avoir aucun rapport immédiat.

Le travail ne consiste pas nécessairement à analyser chacune de ces associations.

Le thérapeute accompagne le processus et réévalue régulièrement ce qui se passe.

5. Est-ce que je dois raconter tous les détails ?

Non, pas nécessairement.

C’est une différence importante avec l’idée que certaines personnes peuvent se faire d’une thérapie centrée sur le trauma.

Le thérapeute a besoin de comprendre suffisamment la situation pour conduire le travail de manière adaptée, mais le patient n’est pas nécessairement obligé de raconter chaque détail de l’événement.

Une partie du travail se déroule à partir de ce que la personne observe intérieurement : images, pensées, émotions et sensations corporelles.

6. Observer comment l’intensité évolue

Au cours du travail, le niveau de perturbation associé au souvenir est régulièrement évalué.

L’objectif n’est pas d’effacer ce qui s’est passé.

Le souvenir reste présent.

Ce qui peut évoluer est la manière dont il est vécu aujourd’hui.

Une personne peut ainsi continuer à se souvenir parfaitement d’un événement, mais ne plus ressentir la même intensité émotionnelle lorsqu’elle y pense.

7. Le corps fait également partie de l’évaluation

Lorsque la perturbation associée au souvenir a diminué, le travail ne s’arrête pas uniquement à ce que la personne pense.

Une attention particulière est également portée aux sensations corporelles.

Le thérapeute peut inviter la personne à observer son corps lorsqu’elle repense à l’expérience.

Reste-t-il une tension ?

Une oppression ?

Une sensation désagréable ?

Cette étape fait partie du protocole EMDR.

8. Terminer la séance

Une séance d’EMDR ne consiste pas à ouvrir un souvenir difficile puis à laisser la personne repartir avec ce qui vient d’émerger.

Une phase de clôture est prévue.

Le thérapeute vérifie notamment l’état émotionnel de la personne et peut utiliser les outils travaillés pendant la phase de préparation lorsque cela est nécessaire.

Il est également possible qu’un souvenir ne soit pas entièrement retraité au cours d’une seule séance.

Cela ne signifie pas que la séance a échoué.

Le travail pourra être repris ultérieurement.

Et lors de la séance suivante ?

Le protocole prévoit une phase de réévaluation.

Le thérapeute revient sur ce qui a été travaillé précédemment.

Comment le souvenir est-il ressenti aujourd’hui ?

Quelque chose a-t-il changé ?

De nouvelles pensées, émotions, sensations ou souvenirs sont-ils apparus depuis la séance ?

Cette réévaluation permet de déterminer la suite du travail.

Combien de séances d’EMDR sont nécessaires ?

Il n’existe pas de nombre universel de séances.

Un événement unique et clairement identifié ne présente pas la même complexité qu’une succession d’expériences difficiles ou qu’une problématique installée depuis de nombreuses années.

Le nombre de séances dépend donc de l’histoire de la personne, de ses symptômes, des objectifs thérapeutiques et de ce qui apparaît au cours du travail.

Se fixer à l’avance un nombre précis de séances pour toutes les personnes serait donc peu pertinent.

Est-ce que l’EMDR fonctionne pour tout le monde ?

Aucune psychothérapie ne fonctionne systématiquement pour tout le monde.

L’EMDR dispose aujourd’hui d’un niveau de preuve scientifique important dans le traitement du trouble de stress post-traumatique.

Cela ne signifie cependant ni qu’elle convient à chaque personne, ni que toutes les problématiques doivent être traitées par EMDR.

Une évaluation individuelle reste indispensable.

Ce qu’il faut retenir

Une séance d’EMDR ne consiste donc pas simplement à suivre des doigts avec les yeux.

C’est un processus thérapeutique structuré comprenant notamment l’évaluation de la problématique, la préparation, l’identification d’une cible, le retraitement, l'observation des sensations corporelles, la clôture et la réévaluation.

Et surtout, le rythme du travail doit rester adapté à la personne.

L’objectif n’est pas de vous faire oublier ce que vous avez vécu, mais de travailler sur la perturbation qui peut encore être associée aujourd’hui à certaines expériences.

Sources scientifiques – PubMed

de Jongh A, et al. State of the science: Eye movement desensitization and reprocessing (EMDR) therapy. Journal of Traumatic Stress. 2024;37(2):205-216. PMID : 38282286.

Wright SL, et al. EMDR v. other psychological therapies for PTSD: a systematic review and individual participant data meta-analysis. Psychological Medicine. 2024;54(8):1580-1588. PMID : 38173121.

Driessen HPAD, et al. Eye Movement Desensitization and Reprocessing (EMDR) treatment in the medical setting: a systematic review. European Journal of Psychotraumatology. 2024;15(1):2341577. PMID : 38747113.

Information importante : cet article est proposé à titre informatif et ne permet pas de déterminer si l’EMDR est indiqué dans une situation individuelle. Il ne remplace pas une évaluation médicale, psychologique ou psychiatrique lorsqu’elle est nécessaire.

 
 
 

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