Peur du dentiste : peut-on travailler l’anxiété avec l’EFT ?

Pour certaines personnes, prendre rendez-vous chez le dentiste est une formalité.
Pour d’autres, le simple fait d’y penser suffit à provoquer une montée d’anxiété.
Et parfois, cette peur est suffisamment importante pour repousser les rendez-vous pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.
Mais de quoi avons-nous réellement peur lorsque nous disons :
« J’ai peur du dentiste » ?
Derrière la peur du dentiste se cachent plusieurs peurs possibles
La première étape consiste justement à ne pas considérer « la peur du dentiste » comme une seule émotion.
Une personne peut avoir peur :
de la douleur,
de la piqûre,
du bruit des instruments,
du diagnostic,
d’être immobilisée sur le fauteuil,
de ne pas pouvoir parler,
de perdre le contrôle,
ou encore d’être jugée sur l’état de ses dents.
Une autre peut avoir vécu une expérience médicale ou dentaire difficile auparavant.
Deux personnes qui disent exactement la même phrase peuvent donc vivre des expériences très différentes.
Pourquoi certaines personnes repoussent-elles leurs soins ?
L’évitement est une réaction compréhensible face à la peur.
Si penser au dentiste provoque une anxiété importante, ne pas prendre rendez-vous procure immédiatement un soulagement.
Le problème est que cet évitement peut progressivement renforcer la difficulté.
Plus le rendez-vous est repoussé, plus la situation peut devenir inquiétante.
Et la nécessité éventuelle de soins plus importants peut à son tour augmenter l’anxiété.
Un cercle peut alors s’installer :
peur → évitement → soulagement immédiat → nouvelle peur → nouvel évitement.
Comment l’EFT peut-elle être utilisée ?
L’EFT peut être envisagée comme un outil complémentaire de régulation émotionnelle.
Le travail commence par identifier précisément ce qui déclenche la peur.
Par exemple :
« Lorsque j’imagine m’allonger sur le fauteuil, mon anxiété est à 8 sur 10. »
Nous pouvons alors travailler sur cette anticipation.
Puis quelque chose d’autre peut apparaître :
« En fait, le pire est le moment où j’entends les instruments derrière moi. »
Nous disposons maintenant d’une nouvelle cible.
Et lorsqu’un ancien souvenir revient ?
Parfois, la peur actuelle semble clairement associée à une expérience antérieure.
« Quand j’avais huit ans, j’ai eu très mal pendant un soin. »
Ou :
« Le dentiste m’avait dit que ça ne ferait pas mal et j’ai eu l’impression qu’on ne m’écoutait pas. »
Dans ce cas, il peut être pertinent d’explorer cette expérience dans le cadre thérapeutique.
L’objectif n’est pas de convaincre la personne que :
« Cette fois, tout ira forcément bien. »
Personne ne peut promettre cela.
Nous cherchons plutôt à travailler sur la réaction émotionnelle qui reste associée à ce qui s’est passé.
Peut-on travailler avant le rendez-vous ?
Oui.
Une partie du travail peut porter sur l’anticipation.
« Imaginez que demain matin vous entrez dans le cabinet. »
Que se passe-t-il ?
Quelle est la première image ?
Quelle pensée apparaît ?
Que ressentez-vous dans votre corps ?
À quel moment précis l’anxiété augmente-t-elle ?
Le travail peut ainsi être réalisé avant l’exposition réelle à la situation.
Que dit la recherche sur l’anxiété dentaire ?
L’anxiété et la phobie dentaires font l’objet d’une littérature scientifique importante.
Une vaste revue systématique publiée en 2024 a analysé 173 essais randomisés portant sur différentes interventions contre l’anxiété dentaire.
Concernant l’anxiété dentaire installée, les données soutenaient notamment l’efficacité des thérapies cognitivo-comportementales.
Les données concernant les autres interventions étaient beaucoup plus variables selon les situations.
L’EFT ne doit donc pas être présentée comme le traitement de référence de la phobie dentaire.
En revanche, les recherches plus générales consacrées à l’EFT retrouvent des résultats encourageants concernant l’anxiété, ce qui justifie son étude comme outil complémentaire.
Et si la peur est très importante ?
Il existe une différence entre :
« Je n’aime vraiment pas aller chez le dentiste »
et :
« Je suis incapable d’y aller depuis cinq ans malgré des douleurs. »
Lorsqu’une peur entraîne un évitement majeur des soins, une souffrance importante ou correspond à une véritable phobie, une prise en charge psychothérapeutique adaptée peut être nécessaire.
Le dentiste peut également être informé de cette anxiété.
Certaines équipes sont particulièrement habituées à recevoir des patients anxieux et peuvent adapter leur communication et le déroulement des soins.
Le but : pouvoir accéder aux soins malgré l’émotion
L’objectif n’est pas nécessairement d’aimer aller chez le dentiste.
Il est parfaitement possible de ne pas apprécier une situation tout en étant capable de la traverser.
Le véritable enjeu apparaît lorsque la peur empêche l’accès aux soins.
Dans ce contexte, travailler sur l’émotion peut permettre de retrouver davantage de choix :
« Je ressens encore de l’appréhension, mais elle ne m’empêche plus de prendre soin de moi. »
Sources scientifiques – PubMed
Steenen SA et al. Interventions to reduce adult state anxiety, dental trait anxiety, and dental phobia: A systematic review and meta-analyses of randomized controlled trials. Journal of Anxiety Disorders. 2024. PMID : 38945067.
Choi SH, Sung SH, Lee G. Emotional Freedom Techniques for Anxiety Disorders: A Systematic Review. Healthcare. 2025. PMID : 40941532.
Clond M. Emotional Freedom Techniques for Anxiety: A Systematic Review With Meta-analysis. Journal of Nervous and Mental Disease. 2016. PMID : 26894319.
Information importante : l’EFT ne remplace pas les soins dentaires ni une prise en charge psychologique ou psychiatrique lorsque celle-ci est nécessaire. Une douleur, une infection ou tout autre problème dentaire nécessite un avis professionnel.



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