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Pourquoi un souvenir, une odeur ou un regard peut-il réveiller une émotion ?

Parfois, lorsqu’une personne évoque une expérience difficile, ce n’est pas l’ensemble de la scène qui lui revient.

C’est un détail.

Le regard d’une personne.

Une expression sur son visage.

Une phrase.

Une odeur.

Un bruit.

Ou encore une sensation très précise dans son corps.

Ces éléments peuvent sembler insignifiants pour quelqu’un d’extérieur.

Pour la personne qui a vécu l’événement, ils peuvent au contraire rester étonnamment présents.


Nos souvenirs ne sont pas uniquement des histoires

Lorsque nous vivons une situation, notre cerveau reçoit simultanément de nombreuses informations.

Nous voyons ce qui nous entoure.

Nous entendons des sons.

Nous percevons des odeurs.

Nous ressentons des émotions.

Notre corps réagit également : accélération cardiaque, tension musculaire, modification de la respiration, sensation de chaleur ou de froid…

Le souvenir d’un événement peut donc rester associé à différentes informations sensorielles, émotionnelles, cognitives et corporelles.


Quand le présent ressemble au passé

Imaginons une personne ayant vécu une expérience médicale particulièrement éprouvante.

Plus tard, elle entre dans un autre établissement de santé.

Elle sait parfaitement qu’elle ne se trouve pas dans la même situation.

Pourtant, l’odeur particulière du lieu, le bruit d’une machine ou simplement le fait de s’asseoir dans une salle d’attente peut provoquer une montée d’anxiété.

La réaction peut sembler disproportionnée par rapport à ce qui se passe objectivement dans le présent.

Mais un élément actuel peut avoir été associé à une expérience antérieure difficile.

C’est pourquoi certaines réactions apparaissent parfois extrêmement rapidement.


« Je ne sais pas pourquoi, mais quelque chose s’est passé dans mon corps »

Il arrive que nous ressentions une réaction avant même d’avoir identifié consciemment ce qui l’a déclenchée.

Une tension.

Le cœur qui accélère.

Une impression de malaise.

Une boule dans la gorge.

Puis nous faisons éventuellement le lien avec ce qui vient d’être vu, entendu ou ressenti.

On entend parfois l’expression :

« Le corps se souvient. »

Elle est parlante mais doit être comprise comme une métaphore.

Le corps ne conserve pas les souvenirs de la même manière que le cerveau.

Il est plus juste de parler d’associations entre certaines informations et des réponses émotionnelles ou physiologiques apprises.


Pourquoi le détail est-il intéressant en EMDR ?

Lors d’un travail EMDR, le thérapeute ne s’intéresse pas uniquement au récit général de ce qui s’est passé.

Il peut chercher à identifier l’élément qui semble aujourd’hui le plus chargé.

Cela peut être une image très précise.

Par exemple :

« Lorsque vous repensez à cet événement aujourd’hui, quelle image représente le moment le plus difficile ? »

Une personne peut répondre :

« Ce n’est même pas ce qu’il m’a annoncé. C’est l’expression de son visage juste avant. »

Ce détail peut donner une information importante sur la manière dont l’expérience reste représentée aujourd’hui.

Le travail peut ensuite explorer l’émotion, les pensées et les sensations corporelles associées à cette image.

Et en EFT ?

La précision est également intéressante en EFT.

Prenons une personne qui dit :

« J’ai peur d’aller chez le dentiste. »

On pourrait rester sur cette formulation générale.

Mais il peut être plus intéressant d’explorer :

Est-ce le bruit des instruments ?

La peur d’avoir mal ?

Le moment où elle s’allonge sur le fauteuil ?

L’impression de ne plus pouvoir partir ?

Une précédente expérience douloureuse ?

Ou simplement l’attente avant le rendez-vous ?

Le travail peut ainsi porter sur une composante beaucoup plus précise de l’expérience émotionnelle.


Pourquoi deux personnes ne réagissent-elles pas de la même manière ?

Deux personnes peuvent vivre une situation apparemment identique sans en conserver le même souvenir émotionnel.

L’une sera particulièrement marquée par une parole.

L’autre par une sensation de perte de contrôle.

Une troisième par une image.

C’est pourquoi l’accompagnement thérapeutique ne consiste pas simplement à demander :

« Que s’est-il passé ? »

Une autre question peut parfois être beaucoup plus intéressante :

« Qu’est-ce qui, de cette expérience, semble être resté présent pour vous aujourd’hui ? »

Quand consulter ?

Le fait qu’un souvenir provoque une émotion n’est pas en soi pathologique.

Certaines expériences sont naturellement chargées émotionnellement.

Cependant, lorsqu’un événement ancien continue à provoquer une détresse importante, des réactions physiques intenses, des cauchemars, des évitements ou interfère avec la vie quotidienne, il peut être pertinent d’en parler avec un professionnel de la snaté mentale comme un psychiatre ou votre medecin traitant en première intention.


L’objectif n’est pas d’effacer le passé.

Il est de permettre, lorsque cela est possible, qu’il prenne une place différente dans le présent.


Sources scientifiques – PubMed

Wright SL et al. EMDR v. other psychological therapies for PTSD: a systematic review and individual participant data meta-analysis. Psychological Medicine. 2024. PMID : 38173121.

Torres-Giménez A et al. Efficacy of EMDR for early intervention after a traumatic event: A systematic review and meta-analysis. Journal of Psychiatric Research. 2024;174:73-83. PMID : 38626564.

de Jongh A et al. Eye movement desensitization and reprocessing (EMDR) therapy: theory and practice. 2024. PMID : 38282286.


Information importante : ressentir une émotion intense lorsqu’un souvenir revient ne suffit pas à caractériser un traumatisme ou un trouble de stress post-traumatique. Seul un professionnel de la santé mentale comme votre phsychiatre peut réaliser une évaluation clinique.

 
 
 

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